L’Aile ou la Cuisse, un hymne à la bonne bouffe

L’Aile ou la Cuisse est un grand film du cinéma français comique des années 70 où, sous couvert de rire, Louis de Funès et Coluche nous incitent à nous demander, aujourd’hui plus que jamais, ce qu’il y a dans nos assiettes…

L'aile ou la cuisse, le film

L’Aile ou la cuisse… ou comment faire rire pour mieux manger

L’Aile ou la cuisse décrit le conflit qui oppose l’authentique poularde cuisinée au son d’une musique légère par un grand chef et critique culinaire, Charles Duchemin, et les poulets industriels, fondus et modelés par la chaîne redoutable des usines Tricatel… Une rencontre explosive, menée tambour battant par un Louis de Funès au mieux de sa forme et, sous couvert de comique, un cri de protestation contre la malbouffe, déjà d’actualité dans la France des années 70-80. Vins douteux obtenus du mélange de différents crus et teintés chimiquement, viandes et fromages au pétrole, on n’arrête pas le progrès chez Tricatel, mais, surtout, on perd définitivement le goût des bonnes choses. Heureusement que Duchemin-de Funès est là, avec son œil d’aigle capable de repérer un grand cru de Saint-Julien et qui appelle un chat un chat (« Mais c’est de la merde ») !

Gastronomie de façade et pendules à l’heure

Scandales alimentaires, manque d’hygiène dans les établissements, nourriture en quantité plutôt que de qualité et prêt-à-manger, le film de Claude Zidi n’hésite pas à montrer tous les ennemis d’une tradition culinaire en péril. Mais la production alimentaire de Jacques Tricatel n’est pas la seule à être dans le collimateur du réalisateur. Les grands restaurants, qui se proclament gastronomiques alors qu’ils ne servent qu’une cuisine approximative, le sont également ! Pour preuve, les incursions à leurs tables de Charles Duchemin déguisé tantôt en vieille dame, tantôt en touriste anglais, dont le nez expert détecte immédiatement les failles ! Mais aussi, la chute du film, où la fine fleur de la restauration française se réunit autour d’un repas soi-disant raffiné… les pendules étant littéralement remises à l’heure par la réapparition, dans l’un des plats, de la montre que Duchemin avait perdue sur le tapis roulant… des usines Tricatel !